Effet Dunning-Kruger

Sommaire

Tendance des personnes moins compétentes à surestimer leurs capacités, et des plus compétentes à les sous-estimer.

Points à retenir

1

Les individus avec un faible niveau de compétence ont tendance à surévaluer leurs capacités.

2

Les personnes hautement qualifiées ont tendance à sous-estimer leur compétence.

3

Les moins compétents ne reconnaissent pas leurs lacunes ni la compétence réelle des autres.

4

L'augmentation des compétences peut aider à reconnaître et accepter les insuffisances antérieures.

Explication du biais

L’effet Dunning-Kruger est un biais cognitif où les personnes avec un faible niveau de compétence dans un domaine particulier surestiment leurs capacités, tandis que celles avec un haut niveau de compétence ont tendance à les sous-estimer. Ce phénomène se base sur deux tendances opposées : l’illusion de supériorité chez les inexpérimentés et la modestie ou l’ignorance de la propre compétence chez les experts.

Pour les débutants ou les moins compétents, l’effet Dunning-Kruger découle d’un manque de sensibilisation à leur propre incompétence. Ils ne possèdent pas les références nécessaires pour évaluer correctement leurs compétences ou comprendre pleinement la complexité du domaine. En conséquence, ils sont souvent confiants dans leurs capacités, ignorant ce qu’ils ne savent pas.

Inversement, les individus hautement qualifiés dans un domaine particulier sont souvent mieux équipés pour reconnaître les limites de leurs connaissances et compétences. Cette prise de conscience, associée à une familiarité avec la complexité et les défis du domaine, peut les conduire à sous-estimer leurs capacités par rapport à celles des autres. Les experts connaissent souvent les nombreux facteurs qui peuvent affecter une situation et peuvent donc être moins sûrs de leur jugement ou de leurs compétences.

L’effet Dunning-Kruger n’est pas simplement une question de vanité ou de fausse modestie ; il est enraciné dans la façon dont nos compétences et notre conscience de ces compétences évoluent à mesure que nous acquérons de l’expérience dans un domaine. La compréhension et la reconnaissance de cet effet peuvent aider à développer une évaluation plus réaliste de nos propres compétences et de celles des autres, et à promouvoir une approche plus équilibrée de l’apprentissage et du développement personnel.

Origine du biais

L’effet Dunning-Kruger a été identifié et nommé par les psychologues David Dunning et Justin Kruger de l’Université de Cornell. Leur étude fondatrice, publiée en 1999, a exploré les relations entre la compétence réelle des individus dans divers domaines et leur perception subjective de cette compétence. Dunning et Kruger ont mené une série d’expériences dans lesquelles les participants évaluaient leurs compétences dans divers domaines. Les résultats ont révélé une tendance systématique pour les participants les moins compétents à surestimer leurs capacités, tandis que ceux qui étaient plus compétents avaient tendance à les sous-estimer.

L’origine de ce biais réside dans la façon dont les individus acquièrent et interprètent des informations sur leurs propres compétences. Pour les débutants ou les personnes moins qualifiées, l’absence de connaissances nécessaires pour évaluer correctement leurs compétences conduit à une surestimation. Inversement, les experts, qui comprennent mieux les nuances et les complexités d’un domaine, peuvent sous-estimer leurs compétences par rapport à la moyenne.

Les travaux de Dunning et Kruger s’inscrivent dans un contexte plus large de recherche en psychologie cognitive et en économie comportementale, explorant comment les individus évaluent leurs propres capacités et prennent des décisions. Leur étude a ouvert la voie à de nombreuses recherches ultérieures qui ont examiné des aspects similaires de l’évaluation de soi et du jugement dans divers contextes.

En identifiant cet effet, Dunning et Kruger ont apporté une contribution significative à la compréhension des limites de la conscience de soi et de la métacognition – notre capacité à penser à notre propre pensée. Cela a des implications importantes pour l’éducation, la formation professionnelle, la prise de décision et le développement personnel.

Exemples

Travail

Un employé peut insister pour mener un projet pour lequel il n'est pas qualifié, croyant à tort qu'il possède les compétences nécessaires.

Éducation

Des étudiants peuvent surestimer leur préparation pour un examen, ne réalisant pas leur manque de compréhension du sujet.

Vie quotidienne

Une personne peut donner des conseils sur un sujet qu'elle connaît mal, croyant à tort être bien informée.

Politique

Les hommes et femmes politiques, parfois à l'ego surdimensionné, peuvent affirmer avec assurance leur compétence dans des domaines qu'ils ne maîtrisent pas, tout en défiant les experts.

Pour aller plus loin

Effet Dunning-Kruger - Wikipédia

Comprendre l'effet Dunning-Kruger et savoir le gérer - Cadremploi

Effet Dunning-Kruger : définition et conséquences en recrutement - Digitalrecruiters

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