Effet de supériorité de l’image

Sommaire

Tendance à mieux retenir et comprendre les informations présentées sous forme d’image que celles exprimées uniquement par des mots.

Points à retenir

1

Les images facilitent la mémorisation car elles sollicitent simultanément la mémoire visuelle et verbale.

2

Ce biais s’explique par la rapidité et l’efficacité du traitement des images par le cerveau humain.

3

Les contenus visuels sont perçus comme plus concrets, intuitifs et engageants que les textes seuls.

4

L’effet de supériorité de l’image peut influencer nos choix, nos apprentissages et notre perception de la fiabilité d’un message.

Explication de l'effet de supériorité de l'image

L’effet de supériorité de l’image repose sur un fonctionnement fondamental du cerveau humain : notre aptitude naturelle à traiter les informations visuelles plus rapidement et efficacement que les informations verbales. Lorsqu’un mot est présenté seul, il sollicite principalement notre mémoire verbale. En revanche, lorsqu’une image accompagne ce mot, notre cerveau active deux systèmes de traitement distincts mais complémentaires : la mémoire verbale et la mémoire visuelle. Cette double activation favorise l’encodage mnésique, rendant l’information plus facile à retenir. Ce mécanisme est au cœur de la dual coding theory (théorie du double codage) proposée par le psychologue Allan Paivio dans les années 1970.

Notre cerveau accorde historiquement une grande importance aux stimuli visuels : reconnaître des visages, interpréter des expressions, détecter des formes menaçantes ou attractives a longtemps été vital à la survie. Aujourd’hui encore, cette prédisposition reste active. Une image attire plus rapidement notre attention, déclenche des émotions plus intenses et facilite la compréhension d’un message complexe, souvent en un coup d’œil. Dans un contexte d’apprentissage, ce biais peut avoir des effets bénéfiques : par exemple, un schéma explicatif peut condenser en quelques traits une information difficile à saisir par le texte seul.

Cependant, ce biais peut aussi avoir des effets pervers. Une image séduisante ou émotionnellement marquante peut donner à une information une crédibilité excessive, même si son contenu est faible ou erroné. Ici, l’effet de supériorité de l’image croise un autre biais cognitif bien connu : l’effet de halo. Ce dernier désigne notre tendance à généraliser une impression positive (ou négative) à partir d’un seul attribut perçu. Ainsi, une présentation visuellement attrayante d’une information peut amener le cerveau à la juger plus fiable, plus professionnelle ou plus pertinente, indépendamment de son contenu réel. Le fond est alors éclipsé par la forme.

Dans les environnements saturés d’images (comme les réseaux sociaux, les publicités ou les médias), ce mécanisme est amplifié. Nous privilégions instinctivement les messages visuellement attractifs, souvent sans en questionner la source, la véracité ou la complexité. Ce biais illustre ainsi une tension constante dans notre traitement de l’information : ce que notre cerveau perçoit rapidement peut ne pas correspondre à ce qui est véridique ou pertinent.

Origine de l'effet de supériorité de l'image

L’effet de supériorité de l’image a été mis en évidence dans les années 1970 par le psychologue canadien Allan Paivio, à travers sa théorie du double codage (Dual Coding Theory). Cette théorie repose sur l’idée que notre cerveau dispose de deux systèmes distincts mais interconnectés pour traiter l’information : un système verbal, spécialisé dans le traitement des mots, et un système non verbal, dédié au traitement des images. Selon Paivio, lorsque l’on encode une information à la fois verbalement et visuellement, cela augmente les chances de la retrouver ultérieurement en mémoire, car on peut y accéder via deux chemins différents.

D’autres recherches, notamment en neurosciences cognitives, ont confirmé ces observations. Les études d’imagerie cérébrale montrent que la présentation d’images active des zones spécifiques du cerveau (en particulier le cortex occipital, lié à la vision) et que cette activation favorise l’engagement émotionnel, l’attention et la mémorisation. Ces effets sont d’autant plus marqués lorsque les images sont évocatrices, concrètes ou émotionnellement chargées.

Au fil des décennies, ce biais a été documenté dans de nombreux domaines : apprentissage, communication, publicité, prise de décision… Dès les années 1980, des expériences en psychologie de l’éducation ont montré que les étudiants retiennent davantage les contenus de cours lorsqu’ils sont accompagnés de visuels pertinents. Dans le domaine de la communication, on a observé que les messages illustrés (même de manière très simple) sont perçus comme plus crédibles, plus clairs et plus dignes d’intérêt.

Avec l’explosion des supports numériques et la saturation d’informations que nous connaissons aujourd’hui, l’effet de supériorité de l’image joue un rôle encore plus central. Il explique notamment pourquoi les infographies, les mèmes, ou encore les vidéos courtes sont devenus des vecteurs de transmission très efficaces dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ce biais s’ancre ainsi dans notre histoire évolutive, mais prend toute son ampleur dans les environnements contemporains où l’attention est devenue une ressource rare et disputée.

Exemples de l'effet de supériorité de l'image

Marketing

Les publicités qui intègrent des images accrocheuses peuvent marquer davantage les esprits que des slogans seuls.

Éducation

Les élèves comprennent souvent mieux un concept scientifique lorsqu’il est illustré par un schéma ou une infographie.

Réseaux sociaux

Les publications contenant une image ont plus de chances d’être partagées et mémorisées que celles composées uniquement de texte.

Santé

Les campagnes de prévention accompagnées de visuels forts peuvent susciter plus d’impact émotionnel et de prise de conscience.

Pour aller plus loin

L’effet de supériorité de l'image - Jean Marie Champeau

Les images peuvent être de puissants outils d'apprentissage - Antalis

Picture-Superiority Effect - NNGroup

Découvrez d'autres biais cognitifs

Le jeu de cartes sur les biais bientôt disponible !

37€ - Imprimé en France

Plongez dans l’univers fascinant des biais cognitifs avec un jeu aussi ludique que pédagogique.

À jouer seul, entre amis ou en équipe, pour apprendre, débattre et voir les choses autrement.

Vous recevrez également un biais cognitif dans votre boîte mail une fois par semaine !

On ne changera pas votre vie… mais peut-être votre façon de penser.

Recevez un biais cognitif directement dans votre boîte mail une fois par semaine